Imaginez. Vous avez mal tout le temps. Ça brûle, ça élance, vous avez l’impression de recevoir des coups de poignard. Évidemment, vous êtes déprimé et vous avez peur. Un tel cauchemar est le lot des personnes souffrant de douleur chronique. Elle peut être constante ou intermittente et plus ou moins forte, selon le moment de la journée.

Lorsque la douleur dure (plus de trois mois), elle devient pathologique et invalidante. Elle engendre un sentiment d’impuissance et provoque un épuisement psychique pouvant conduire à la dépression. Ces douleurs chroniques peuvent avoir différentes origines. Elles peuvent s’expliquer par une “surstimulation” des nocicepteurs à cause de lésions sous-jacentes ou encore une irritation des nerfs qui transmettent la douleur (exemple : la compression du nerf sciatique). Mais des douleurs peuvent aussi se manifester spontanément, en l’absence de tout stimulus, et être exagérées par des phénomènes psychiques. On parle alors de douleurs psychogènes.

En France, plus de vingt millions de Français vivent avec des douleurs chroniques qui entraînent une dégradation considérable de la qualité de vie : arrêt de travail, perte d’emploi, fatigue, anxiété, isolement, dépression, des patients douloureux chroniques estiment même que la douleur est parfois telle qu’ils ressentent l’envie de mourir.

Globalement, 30 à 50 % des patients qui souffrent de douleurs chroniques ont également un trouble anxio-depressif.

Les facteurs de stress accentuent et amplifient souvent la douleur.

Faire face au stress

L’anxiété et la peur sont deux réactions initiales fréquentes face à une blessure et à la douleur.

La peur n’est pas le même sentiment que l’anxiété. Vous avez peur lorsque vous vous sentez menacé ou que vous croyez que vous êtes en danger; la peur est dirigée vers une situation spécifique. Même si l’anxiété est liée de près à la peur, elle est vécue d’une manière plus générale. L’anxiété est une appréhension diffuse. La source de l’anxiété peut ne pas être facile à identifier.

Lorsque vous faites face à un état de douleur chronique, à une blessure ou à un nouveau diagnostic, certaines peurs spécifiques sont susceptibles de se manifester. Les peurs habituelles sont les suivantes :

  • Peur que la douleur augmente dans l’avenir
  • Peur que différentes activités ne causent d’autres blessures ou dommages
  • Peur de ne pouvoir continuer à travailler

Psychothérapie

Lorsque vous souffrez, vous pouvez vous sentir triste, en colère, inutile ou désespéré(e). La douleur chronique peut altérer votre personnalité, perturber votre sommeil et interférer dans votre travail et vos relations avec les autres. Une psychothérapie peut aider à soulager la douleur en réduisant les niveaux élevés de stress physiologique qui aggravent souvent celle-ci.

Par exemple, la dépression et l’anxiété aggravent la douleur bien que celle-ci soit à l’origine de la dépression et de l’anxiété. Le stress accroît la douleur bien que celle-ci en soit la cause. Le manque de sommeil aggrave la douleur mais il est très difficile de dormir lorsque vous souffrez.

Le traitement psychologique de la douleur est en grande partie basée sur l’information, l’objectif étant d’aider les patients à acquérir des techniques leur permettant de gérer leurs problèmes. Les traitements psychologiques courants sont :

  • la thérapie par la parole
  • l’apprentissage de la relaxation
  • la gestion du stress

Avec la psychothérapie, vous recevez le soutien et les conseils d’un psychiatre ou d’un psychologue. L’apprentissage de la relaxation vous apprend à vous détendre. Cette approche a prouvé qu’elle favorisait la guérison et la réduction de la douleur. La gestion du stress vous enseigne comment vos pensées affectent votre niveau de stress et comment gérer les situations difficiles.